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Spooktober dans Tarkov - Concours d'histoires d'horreur


titi4600

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Les journées d’octobre dans Norvinsk annoncent des matinées d’automne froides avec des feuilles jaunes, rouges et marrons virevoltantes telles des papillons dans les vents frais nordiques. Tarkov, dans la distance, s’éveille avec ses gratte-ciels. TerraGroup ne dort pas, sous la ville le conflit fait toujours rage, les opérateurs des PMC respirent bruyamment, essayant de trouver un moyen de sortir de cette ville hostile.

 

Nous voulons que vous écriviez une histoire d’horreur dans ce contexte. Le cadre est donné, vous y apportez les acteurs, l’atmosphère noire du mois d’octobre et la narration.

 

Cette compétition se fait en deux parties. La première est la phase de qualification. Une personne qualifiée sera choisie pour chaque langue de la communauté. Les gagnants de chaque langue entreront ensuite en compétition dans la seconde phase contre les uns les autres.

 

COMMENT PARTICIPER

  • Écrivez une courte histoire d’horreur (2 à 5 pages type Word) qui prend place autour du sujet de Tarkov.
  • Utilisez les zones que vous connaissez du jeu.
  • Sentez vous libre d’utiliser votre propre créativité également.
  • Joignez votre participation (en français) dans un message en réponse à ce sujet (vous pouvez l’écrire directement dans un message, ou joindre un lien vers votre histoire).
  • Un gagnant (tous pays francophones) sera sélectionné par le jury, les émissaires français (phase 1).
  • L’histoire gagnante de chaque langue sera ensuite traduite et mise en compétition contre les autres histoires sélectionnées (phase 2).
  • Il y aura 3 prix.
  • La date butoir de la première phase est fixée pour le 31 octobre à 8 h 00 (heure de Paris).

 

Prix

  • Premier prix
    • Édition Edge of Darkness du jeu
    • T-shirt EFT

 

  • Deuxième prix
    • Edition Prepare for Escape du jeu
    • T-shirt EFT

 

  • Troisième prix
    • Edition standard du jeu
    • T-shirt EFT

 

Bonne chance à tous ! 

Edited by titi4600
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Bonsoir tout le monde !

Depuis quelques jours déjà, je rédige une petite histoire dans le cadre de ce concours. J'ai terminé il y a quelques minutes, je vais donc la poster ici et croiser les doigts ! C'est la première fois de ma vie que je fais ça, donc désolé pour les éventuelles fautes ... A priori, on ne peut pas linker un PDF ou un WORD (ou alors, je suis vraiment aussi nul à cet exercice que sur base militaire), donc je vais reproduire le texte ici. Si on me dit comment le mettre en pièce-jointe, je suis preneur et je rectifierai. En tous cas, ça fait 5 pages Word, pile-poil :begood:

Bonne lecture aux courageux ! 

____________________________________________________________________________________________________________________________________

 

Trouver Misha

 

Anton se releva de son sac de couchage en cette froide soirée d’automne peu après que sa montre lui ait indiqué vingt-trois heures. Il était épuisé après avoir exploré en long et en large les environs de Norvinsk à la recherche d’informations sur son frère Misha disparu depuis des mois. Les dernières informations glanées ci et là l’avaient mené tout droit dans les bois de cette région malfamée, aussi l’idée de devoir l’arpenter en long, en large et en travers lui donnait froid dans le dos. Mais qu’est-ce qui avait pu pousser son frère dans une telle entreprise ? Misha a toujours été un peu naïf, chétif, alors pourquoi rejoindre Norvinsk et tous ces dégénérés qui se livrent à une véritable guerre civile ? Anton n’était pas né de la dernière pluie et connaissait bien son frère, surtout qu’il n’était pas très futé et facilement prévisible : assurément pas le plus intelligent de la famille, mais le premier à vouloir démontrer le contraire. Anton avait promis à leur mère, mourante, de ramener son cadet sain et sauf. Si lui a toujours été l’homme fort de la famille, il ne manquait jamais de bonne volonté et était prêt à tout pour prouver sa valeur car après tout, c’était lui qui avait participé aux guerres et qui savait manier les armes, à l’inverse de son petit frère qui en avait conscience qui s’en voulait pour ça. Anton le savait, son frère devait montrer à la terre entière de quoi il pensait être capable, alors pourquoi pas faire un tour dans la région de Norvinsk ? 

Son idée était claire, même si plutôt osée : il suffisait d’attendre la nuit que les esprits se calment, faire du repérage et pourquoi pas, trouver un moyen d’aller parler à son frère et le raisonner, si par chance il parvenait à le trouver. Impossible de le faire la journée, sans quoi il prendrait très certainement une balle dans le buffet. Mais quelle approche utiliser ? Apparemment et selon une note du personnelle trouvée dans l’usine désinfectée de Tarkov, son frère avait rejoint la garde rapprochée d’un certain Schturman. Est-ce qu’Anton devait se faire passer pour un chasseur égaré, un civil ? Ces mecs-là ne sont surement pas des enfants de chœurs, certes, mais iraient-ils jusqu’à abattre sans sommation un homme égaré ? Quoi qu’il en soit, la manœuvre était moins risquée que de se faire passer pour un BEAR ou un USEC, nul doute là-dessus et Anton était convaincu d’avoir fait le bon choix. De toute façon, que pouvait bien-t-il faire d’autre ?

Il était parti depuis déjà trois semaines. Il arpenta les environs de Tarkov la nuit et dormi le jour, période où les cinglés se donnaient rendez-vous pour échanger quelques politesses à coup d’armes automatiques. Autant dire qu’il fallait se faire discret, surtout quand on est armé d’un simple Mosin et qu’on a promis à quelqu’un de revenu vivant. Et puis de toute façon, il avait déjà survécu en Afghanistan puis en Syrie, il n’avait rien à prouver et ce n’était pas le moment de jouer avec sa vie, surtout qu’il se devait d’en sauver une.

Anton rangea son sac de couchage à la va-vite dans son sac SCAV et fixa sur son casque la lampe torche frontale qu’il avait trouvé dans un magasin un peu plus tôt dans l’échangeur. Il était fatigué et n’avait presque rien avalé depuis des heures, fort heureusement il lui resta dans son gilet une ration ISKRA qu’il ingurgita d’une traite avant d’engloutir une bouteille de lait cul-sec. S’il avait attendu la nuit avant de se remettre en marche, c'est que quelques échanges de tirs survenus un peu plus tôt dans la soirée au beau milieu de la forêt l’avait découragé à s’aventurer d’avantage, aussi il préféra se poser en bord de route dans un vieil abri bus, là ou probablement personne n’aura l’idée d’aller fouiller le temps que les choses se calment et de se remettre en marche. Il vérifia enfin la chambre de son Mosin une dernière fois, enfila son manteau et s’étira de longues secondes avant de reprendre sa marche. Le silence qui régna lui donna des frissons et pour cause : la forêt a toujours été la source de toutes ses angoisses quand il était gamin. Il pouvait y passer des heures à jouer avec son frère et finissait toujours par s’y perdre, heureusement qu’il pouvait compter sur Misha et son sens de l’orientation pour retrouver le chemin de la maison, en espérant qu’il en sera de même bientôt … 

Il commença à s’enfoncer lentement vers la forêt quand il aperçut au loin sur la droite ce qui ressemblait à une ancienne gare abandonnée. Il décida de s’y approcher à pas feutrés, le Mosin fermement calé contre son épaule, près à tirer si besoin. Peut-être qu’il trouvera quelque chose, un indice ? Il fallait tenter le coup. Alors qu’il s’approcha calmement d’une brèche dans le mur, il entendit une voix : « Il y a quelqu’un ? A l’aide … Aidez-moi, qui que vous soyez, s’il-vous-plaît ».

Il entra dans le bâtiment et vit un homme affalé le long d’un baril. Il se tenait le bas-ventre des deux mains, probablement pour contenir un saignement. Par précaution, même si l’homme ne semblait pas menaçant dans cet état-là, bien qu’un AKM gisait non loin, Anton le mit en joue avec son Mosin.

-          Vous parlez russe ? Demanda l’homme d’une voix très calme.

-          Oui.

-          Aidez-moi tovaritch, s’il vous plait … Je suis pas mal blessé, là. J’ai une paracorde et trente mille roubles dans la poche. Ils sont à vous si vous me filez un bandage et de la morphine.

-          Seulement si vous répondez à mes questions. Connaissez-vous un certain Shturman ? Où je peux le trouver, lui et ses hommes ?

-          Oui, je le connais. Je suis venu pour sa plaque et je suis revenu avec une balle dans le buffet. De la 5.56 à en juger la plaie. C’est un vrai cinglé ce type. Si vous le cherchez, il se trouve près de la scierie. Il est entouré de gardes, des fous furieux et je crois savoir qu’ils crèchent dans des espèces de cabane en bois. Mais un conseil : fuyez. Il y a bien pire que Shturman dans cette putain de forêt, oh oui. Ça fait deux jours de suite que j’étais allongé dans les broussailles à chercher ce connard dans ma mire, plusieurs fois à la tombée de la nuit, j’ai entendu un hurlement au loin. Et croyez-moi, ce n’était pas un humain. Pas une bête aussi, vous pouvez me croire, j’ai été chasseur des années dans la région et je sais de quoi je parle, je la connais par cœur. Fuyez, mais pas sans me donner de quoi m’en sortir, camarade. Je vous en supplie. Si vous avez une clope, je suis preneur aussi.

-          Tenez, fit Anton en lui posant la cigarette entre les lèvres avant de l’allumer avec une allumette. J’ai un kit Salewa, il est à vous. Je reviendrai vous voir plus tard si je m’en sors. Merci du conseil, faites attention à vous.

-          Merci, camarade, répondit l’homme en souriant après avoir tiré sur sa cigarette pendant de longues secondes, comme s’il savait que ça serait la dernière. Je vous aurai prévenu. Bon courage et faites attention, je compte sur vous. Il pointa son doigt vers la gauche, indiquant une direction : la scierie est là-bas. Bon courage, tovaritch.

Anton se retourna et se mit en route. La rencontre avec cet homme entre la vie et la mort n’était pas de nature à rassurer Anton, déjà pas très serein. « Il ne survivra pas plus d’une heure, peut-être que moi aussi » pensa-t-il. Et cette histoire de bête, à quoi ça rimait ? Était-ce le seul moyen qu’avait trouvé cet homme pour le dissuader d’aller à une mort certaine ? De toute façon, il en aurait bientôt le cœur net et si possible avant le lever du soleil, inutile de rester la journée dans un endroit où la journée, les balles sifflent plus que les oiseaux.  

Alors qu’il marcha lentement depuis quelques minutes tout en regardant autour de lui à la recherche d’une piste pouvant le mener à cette fameuse scierie, il manqua de glisser et se rattrapât de justesse à une branche : « merde, une flaque de sang », pensa-t-il. Était-ce celui de l’homme rencontré un peu plus tôt ? Probablement. Quoi qu’il arrive Anton remarqua qu’il marcha sur une plaque de béton et non de la terre. C’est alors qu’il comprit : il était tout juste devant ce qui semblait être un abri souterrain, « un bunker », songea-t-il.

Soudain, un long hurlement strident vint perturber le calme de la nuit. Anton se figea et resta bloqué sur place, abasourdi. Ses mains se mirent à trembler et il sentit ses jambes se dérober sous lui. Même après ce qu’il avait vécu lors des différentes guerres qu’il avait mené, jamais il n’avait connu une telle sensation. « C’est donc ça, la peur ? » pensa-t-il. Dans un élan de courage insoupçonné, il se mit à courir à l’intérieur du bunker, tant pis si c’était un piège. Il vit une deuxième pièce, séparée de la première par une grille hermétique et s’engouffra dedans sans même réfléchir. Il contourna un baril dans l’angle, se positionna derrière et posa dessus le Mosin prêt à tirer en direction de la porte : « si cette chose passe, elle tâtera de ma 7N37 et m’en dira des nouvelles » songea-t-il. Il vit également que derrière lui, il semblait y avoir une deuxième porte, « pourvu qu’elle puisse s’ouvrir » pensa Anton.

Les minutes passèrent sans aucun bruit. Anton était toujours aux aguets, près à tirer. L’expérience acquise sur le terrain tout au long de sa vie lui avait appris à ne jamais baisser sa garde, maintenant plus que jamais. Il ne s’en était même pas rendu compte, peut-être à cause de l’adrénaline et de l’excitation du moment, mais sa lampe frontale était tombée au sol, positionnée de telle sorte qu’elle éclairait en grande partie la première pièce. C’est alors qu’une ombre se dessina petit-à-petit et grossit lentement jusqu’à remplir la pièce entière : cet homme ou cette chose était devant la lampe, mais Anton ne pouvait la voir. Il ferma les yeux un instant, la peur prenant le dessus sur le courage, il fallait combattre et reprendre ses esprits, sa vie en dépendait.    

Après un silence pesant de quelques secondes qui parurent interminable pour Anton, des doigts vinrent se poser sur le cadre de la porte.

Des doigts brûlés, dont un était décharné.

Pris à nouveau d’une panique incontrôlable qui sembla prendre le dessus sur la raison, il se releva et s’engouffra dans la porte derrière lui. Il courut aussi longtemps que possible dans ce couloir étriqué et tellement sombre. Cela faisait une éternité qu’il n’avait pas connu pareil monter d’adrénaline et il se sentit en forme comme s’il avait encore vingt ans. Il courra sans jamais se retourner dans ce long couloir étriqué et obscure et à peine éclairé par des lampes accrochées tout au long du couloir. Arrivé au bout, il tourna à droite, puis à gauche. Il vit alors une porte juste devant et fort heureusement, celle-ci semblait facile à enfoncer, si jamais c’était nécessaire. Il s’engouffra finalement sans mal et il comprit qu’il avait atterri dans ce qui semblait être un laboratoire. Il vit alors un couloir et des portes sur les côtés qui donnaient sur des salles de réunions aux murs de verres, aussi décida-t-il de rentrer dans l’une d’elle, épuisé. Alors qu’il essaya de reprendre ses esprits, le souffle coupé et les deux mains sur les genoux, il leva la tête et vit un gigantesque tableau collé au mur sur lequel figurait des dizaines, sûrement des centaines de photos d’individus, presque toutes barrées d’une croix rouge au marqueur. Il s’en approcha lentement, fixa certaines photos et comprit très vite qu’il s’agissait d’homme sur lesquelles étaient menés des expériences, car beaucoup d’hommes montraient un visage souvent tuméfié, abîmé. En espérant de tout cœur avoir une réponse négative, il chercha le nom de son frère parmi ceux qui à priori étaient encore vivant, il devait y en avoir une poignée à peine : il découvrit donc les visages d’Andreï Balogov, Mikhaïl Ivanovitch, Nikita Archibalovich et … Misha Danilovitch.

Frappé d’étonnement, Anton lâcha son Mosin. Il fut à la fois rassuré, mais terriblement apeuré. « Qu’est-ce qu’ils ont fait à mon frère ? » songea-t-il.

Des bruits de pas se rapprochèrent et à en juger la distance, cela venait du même long corridor qu’avait pris Anton. C’était cet individu ou cette chose qui l’avait suivi dans le bunker, il ne pouvait en être autrement. De toute façon, il aurait largement le temps de voir à quoi il ressemblait à travers les vitres transparentes. Il ne lui restait plus qu’à prier que cet individu soit inoffensif.

L’ombre se rapprocha très lentement et il vit finalement un homme. Il semblait nu, d’une extrême maigreur, la peau presque entièrement brûlée avec des lambeaux de chair qui semblaient pendre ci et là sur son corps. Il lui manqua quelques doigts et marchait presque comme un zombie. Il fit de très rapides mouvements de têtes saccadés dans la direction d’Anton et lorsqu’il comprit qu’il y avait un homme dans cette pièce, il devint plus prudent. Il se rapprocha lentement, comme un animal près à bondir sur sa proie, mais ne semblait pas dangereux plus que ça aux yeux d’Anton, surtout qu’il le tenait maintenant en joue avec son Mosin.

L’individu poussa lentement la porte avec la force de sa tête, haletant comme s’il était à bout d’énergie et s’arrêta au milieu de la pièce, à quelques pas à peine d’Anton.

-          Anton … Chuchota-t-il.

Et soudain, il comprit. C’était Misha, et lui aussi avait compris. Les deux frères se regardèrent, médusés, choqués. Anton senti les larmes monter, il lâcha son Mosin et se rapprocha lentement de son ainé, la main tendue comme s’il souhaitait toucher son visage. Misha recula d’un pas, cette fois-ci comme s’il n’était qu’une proie cherchant à se protéger.

-          Anton, va-t’en, dangereux … S’ils t’attrapent …

-          Qu’est-ce qui s’est passé Misha ?

-          Ils m’ont enlevé … Expériences … Radioactivité … Mutilation … Répond son frère à bout de souffle, donnant l’impression qu’il allait s’écouler.

Un autre bruit sourd se fit entendre, comme un claquement. « Une porte qui claque ? », pensa Anton. Il se retourna et un autre homme fit à son tour son entrée dans le laboratoire.

« Impossible … » Songea Anton. Et Pourtant, l’homme qui fit son apparition n’était autre que l’homme qu’il avait rencontré un peu plus tôt, dans l’ancienne gare abandonné.

-          Shturman … Blessé … Souffla Misha avant de s’écrouler au sol, comme si l’apparition de cet homme l’avait assommé par sa seule entrée.

-          Plutôt coriace ce Misha, répondit l’homme qui tenait en joue Anton avec son AKM.

-          Shturman, j’imagine ? Vous êtes un bon comédien, en tous cas, répondit Anton, le Mosin pointé vers lui.

-          En personne. Coriace le Misha, je ne le pensais pas capable de me blesser. Merci pour le Kit et la morphine, ça m’a remis d’aplomb. J’aurais préféré que tu ne viennes pas farfouiller cet endroit mais bon, trop tard. Qui que tu sois, tu vas gentiment lâcher ton fusil et peut-être que t’auras la vie sauve. Tu finiras sûrement sur le billard, peut-être que mes copains te feront deux ou trois petites choses aussi, tu finiras par ressembler à ton pote, mais au moins tu seras vivant. Pas mal, non ?

-          Qu’est-ce que vous lui avez fait ? Hurla Anton. Qu’est-ce que c’est que ce merdier ? Vous faites quoi aux gens ? Si mon frère meurt, je vais …

-          Tout doux, l’ami. Moi, je ne fais rien. J’amène des gens aux mecs du labo, en échange ils me foutent la paix et je fais ce que je veux dans cette forêt, même que j’encaisse quelques roubles en plus dans la poche. C’est mon secteur, tu piges ? Je sortais juste pour vérifier un truc dehors et ton enfoiré de frère m’a attaqué avec je ne sais pas quoi, il m’a bien troué le ventre ce fils de pute. Je veux le crever et t’as aucune chance, j’ai trente balles prêtent à te faire la bise et toi t’as qu’un …

Anton fit feu, la vitre de verre explosa et une balle vint se loger entre les deux yeux de Shturman qui s’écroula comme une masse sur le sol, projetant des éclats de sang qui virent s’étaler un peu partout sur les vitres. Il lâcha son Mosin et couru vers son frère, allongé sur le sol comme s’il s’apprêtait à faire son grand voyage vers l’au-delà. Misha semblait amorphe, vide, mais gardait les yeux grands ouverts, fixant le plafond.

-          Misha, reste avec moi. Je vais te ramener à la maison. Misha !

-          Nikita … Répondit son frère en pointant du doigt le tableau. Mikhaïl, Andreï … Trouve les … encore vivants … Enfermés … Dans une pièce … Sauve-les …

-          Reste avec moi, Misha !

Les mains tremblantes, Anton chercha dans sa veste une plaquette d’antalgiques. Il parvint à les trouver, se mit à chercher sa bouteille d’eau dans son sac et tenta de faire ingurgiter le médicament à son frère, qui s’exécuta et ouvrit la bouche.

Le torse de Misha se souleva brusquement d’un coup et il poussa un hurlement strident, le même que tout à l’heure dans la forêt. Il se mit ensuite à cracher du sang par à-coup et Anton comprit que c’était la fin. Plus d’une fois dans sa vie il vit ses frères d’armes passer de vie à trépas et s’était exactement ce qui était en train de se passer, quoi qu’il fasse. Il prit le pouls de son frère et le constat fut sans appel : Misha venait de mourir.

Anton resta là, coi, les mains posées sur genoux et senti les larmes monter. Ce n’est qu’après quelques secondes à combattre ses émotions qu’il balaya la pièce du regard, chose qu’il n’avait pas eu le temps de faire tout à l’heure. Il vit la mention « TERRAGROUP LABS : BOIS » au-dessus du tableau. Il regarda cette fois-ci devant lui au-dessus du corps de Misha et vit un plan faisant apparaitre deux laboratoires, dont très certainement celui-là, car on pouvait voir un gros point rouge avec une mention « Vous êtes ici ». Il se releva et regarda le plan de plus près. Il comprit alors qu’il était dans une sorte d’antenne du laboratoire principale qui lui se situait sous le centre-ville de Tarkov.

Il se retourna et parti ramasser l’AKM de Shturman avec ses trois chargeurs. Maintenant qu’il était lucide, Anton se rapprocha du corps de son frère. Il ne pourra pas lui offrir de belles funérailles, aussi décida-t-il qu’il serait plus sage de le remonter en surface et de l’enterrer dans la forêt. Il prit son frère et le porta à bout de bras avant de se remettre en marche, direction la surface. Il était choqué, mais lucide.

Qu’allait-il faire maintenant ? Rentrer chez lui ? Certainement pas. En tous cas, pas avant d’avoir accompli une nouvelle tâche après avoir failli la sienne. Ces hommes dont les noms ont été soufflés par Misha avant de partir, peut-être qu’il y avait moyen de les ramener ? Il n’avait pas réussi à ramener Misha à la maison, peut-être qu’il pourra ramener ces hommes chez eux, auprès de leurs mères. Il y avait forcément des responsables, aussi l’idée de faire tomber des têtes l’enchanta. A bientôt cinquante ans, Anton n’en n’avait pas fini avec les armes, le sang et les larmes.  Il savait où était le centre de Tarkov, là où était le laboratoire central de TERRAGROUP LABS. Il le trouvera, pour sûr. Il n’avait pas le choix.

 

 

Fin

 

 

____________________________________________________________________________________________________________________________________

Merci aux courageux qui ont lu jusqu'à la fin, j'espère que vous avez apprécié.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé (même si c'est négatif) !

 

 

 

 

 

 

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